L’équipage n°16 embarque pour le 4L Trophy

Mercredi 18 février, c'est le grand jour. Renault 4L remplie à ras bord, coéquipiers sur-déterminés, Arthur Madec et Kevin Lize ne vont pas tarder à prendre la route du Maroc. Comme plus de 2600 étudiants de 18 à 28 ans, les deux nantais s’apprêtent à concrétiser leur rêve : participer au 4L Trophy. Le plus gros raid humanitaire d’Europe, ce n'est pas seulement 6000km de bitume et de bacs-à-sable ; c’est aussi ramener 10kg de denrée non-périssable ainsi que quelques fournitures pour scolariser 25 000 "enfants du désert". Quelques jours plus tôt, on a rencontré Arthur et Kevin afin d'en apprendre un peu plus sur eux et sur ce qui les motive à rejoindre cette expérience hors du commun.

 

Kevin Lize et Arthur Madec, aux côtés de "Lola".
Kevin Lize et Arthur Madec, aux côtés de « Lola ».

Quand et comment vous vous êtes dit « je veux participer au 4L Trophy » ?
Kevin :
C’est Arthur qui m’a parlé de ce projet autour d’un barbecue, il y a un an. Il le préparait de son côté, et ça m’a aussi donné envie de le réaliser. J’ai monté une association, acheté ma première 4L et trouvé un coéquipier… Le problème c’est qu’il habitait loin, donc pour les réparations, le démarchage, c’était compliqué. C’était un peu le même problème entre Arthur et son ancien partenaire, donc finalement on s’est retrouvé ensemble !
Arthur : On m’a parlé du 4L Trophy à l’âge de 12 ans, et jusqu’à mes 16-17 ans je gardais ce rêve dans un coin de ma tête. Arrivé à cet âge, quand j’ai commencé mon code, que la majorité et donc le permis approchaient, j’me suis lancé naturellement. Concrètement, ça fait depuis janvier 2013 que je fais tout pour y participer.

Vous bossez ensemble sur la 4L depuis combien de temps ? Vous êtes repartis à zéro j’imagine ?
A :
Un peu moins de six mois, et on a passé des weekends entiers dessus. Sans compter le démarchage et les recherches au préalable, la mécanique représente environ 400 heures de boulot. Quand j’ai acheté Lola [leur 4L, nommé en référence au morceau des Kinks, ndlr], elle avait déjà un Trophy derrière elle, donc avec une base préparée. C’est un avantage et en même temps un inconvénient : on n’aurait pas eu certains problèmes sur une « voiture de ville » ; les amortisseurs et les suspensions étaient entièrement à changer.
K : Mais il y avait l’autoradio déjà posé, des rails de désensablage, le pare-choque installé, une prise qui centralise certains câbles, bref pas mal de détails qui nous ont fait gagné du temps !

Les rangements sont primordiaux pour transporter le plus de matériel.
Les rangements sont primordiaux pour pouvoir prendre le plus de matériel possible.

Il vous fallait récolter un certain budget donc, combien de personnes vous ont aidés à partir ?
A :
On a dû récolter un budget de 9000€ grâce à une quinzaine de sponsors, dont un qui nous a aidé à hauteur de 40% du budget. On a aussi vendu nos propres stylos, qui nous ont rapporté 2000€ !
K : En termes financiers oui, après au niveau mécanique, il y a eu quelques garages, des particuliers et puis Michel surtout !
A : Michel, c’est un ancien mécano poids lourd, passionné d’automobile, qu’on a rencontré un peu par hasard. Il est là depuis qu’on ponce la voiture, soit depuis l’été dernier, toujours au taquet pour nous aider et nous donner des conseils.

Une question peut-être un peu idiote à poser, mais pourquoi est-ce que vous voulez participer au 4L Trophy ?
A : La soif d’aventure, l’humanitaire et l’entraide.
K : Le fait d’apporter quelque chose avec nous, d’avoir un but au projet qu’on mène depuis un moment maintenant, ça nous booste totalement.
A : Et puis on n’est pas là pour gagner. Ce côté humanitaire a un impact positif sur l’expérience : tu as un contact plus intéressant aux populations vu que tu viens les aider. L’entraide motive beaucoup aussi, et ça joue sur l’ambiance géniale qu’il y a.
K : Tu vois une 4L sur le bord de la route, tu t’arrêtes pour leur proposer un coup de main, des pièces de rechange… Le 4L Trophy c’est une grande famille en fait.
A : C’est c’que j’allais dire ! On part à plus de 1000 bagnoles, le but c’est que ces 1000 équipages réussissent !

Comment est-ce qu’on va pouvoir vous suivre tout au long de cette aventure ?
A : On va écrire un petit carnet de bord, jour après jour, publié sur Slapzine. Noter nos impressions à chaud. C’est ce qu’on veut aussi capter dans le raid : montrer l’envers du décor, la vie sur la route, la galère quotidienne et pas seulement les beaux paysages ! Bien sûr, on les apprécie ces paysages, mais ce n’est pas tout. Rien que d’imaginer un petit plaisir comme ton café chaud après 10 heures de route, c’est génial !
K : Pour le retour, on a prévu de faire un court métrage. Chaque jour on filmera quelques moments clés, comme un tracteur qui bouche la route, des imprévus du style qui font aussi partie de l’aventure ! Et puis un carnet de bord plus élaboré sur un bloc note, pour noter des anecdotes, des détails…

Lu sur la 4L : "Seul celui qui a emprunté la route connaît la profondeur des trous"
Lu dans la 4L : « Seul celui qui a emprunté la route connaît la profondeur des trous »

Finalement, comment vous le sentez ce 4L Trophy ?
K : Vu que je suis avec Arthur, j’le sens plutôt bien (rires) !
A : On est plutôt confiant. Prêts à partir, même si on a un peu stressé ces derniers jours. On a aidé un autre équipage sur des soucis de mécanique, quelques problèmes de dernière minute à régler sur notre 4L, bref il va nous falloir une bonne nuit de repos !
K : On ne part pas pour la victoire de toute façon, on part surtout pour boucler le raid et franchir l’arceau final à Marrakech. Ça nous ferait quand même plaisir d’être bien classé, mais c’est seulement un plus, on veut vraiment passer la ligne d’arrivée, arriver au bout du voyage.
A : À même pas 36 heures du départ, la 4L est chargée à bloc, on veut juste démarrer et prendre la route.
K : On sent que ça va passer vite et qu’il va falloir vivre cette expérience à fond.

Merci les gars, à bientôt alors, et bonne route !
Leur périple résumé ICI !

GoPro à la main, Kevin et Arthur commencent déjà leur court-métrage
GoPro en main, Kevin et Arthur partent en tant que Trophistes-réalisateurs.

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