Le dire c’est bien, mais le Fair c’est mieux

Oui, j'ai osé faire ce jeu de mots. Hashtag pardon. Vendredi 17 avril, Le Fair est venu faire coucou au Krakatoa, ramenant dans ses valises les Parisiens de Baden Baden et Chapelier Fou. On y était, et on raconte tout.

Entre nous, c’est vrai que le Fair (autrement dit le Fond d’Action et d’Initiative Rock), c’est vraiment bien. Ce dispositif d’aide aux groupes, présent depuis maintenant 25 ans dans le paysage des musiques actuelles français, contribue à l’émergence de bon nombre d’artistes talentueux, comme The Dø en 2009, les Naïve New Beaters l’année suivante et plus récemment Concrete Knives ou Odezenne (non, on ne parlera pas de Christine & The Queens).

La sélection 2015 du Fair // Crédit : Le Fair
La sélection 2015 du Fair // Crédit : Le Fair

En ce 17 avril, l’heure est donc à la fête pour le passage annuel de la tournée « Fair : le tour » au Krakatoa. Un programme éclectique, mais des plus attrayants : une première partie assurée par l’un des locataires du lieu, Thomas Skrobek (il fait partie de la Pépinière du Krakatoa), puis une mi-temps assurée par Baden Baden et Chapelier Fou en clôturer de soirée.

Pour des raisons techniques, nous n’avons pu assister au concert de Thomas Skrobek. Mais, comme on commence à connaître le bonhomme, on peut vous dire que ça devait être drôle, nonchalant, perché et bien cool.

Vient donc le tour de Baden Baden. En toute honnêteté, la moitié de Slapzine ce jour-là est venue en grande partie pour pouvoir enfin les découvrir. « Enfin », car en 2012, pour la sortie de leur tout premier album, ils avaient dû annuler leur passage à l’IBoat. Mais l’autre moitié de Slapzine n’était pas non plus étrangère à ces quatre parisiens, puisque c’est presque depuis leurs débuts qu’elle les suivait.

C’est donc en bonnes groupies (mais discrètes) que l’on savoure ce concert. Les nouvelles compositions du groupe, publiées sur leur dernier long format Mille Eclairs en début d’année, ne nous déçoivent pas, prolongeant l’esthétique du précédent album. Ils enrobent ces textes simples et poétiques (en langue française, of course) d’une voix fragile et sensible et de mélodies étincellantes dont on ne peut qu’admirer la beauté.

Pour autant, lors d’un concert, la qualité de la musique ne fait pas tout. Le plaisir ressenti devant une jolie prestation se doit également d’être partagé sur scène. Or, entre un groupe peu bavard et un guitariste affreusement maniaque (au point de faire stopper une chanson, prendre bien 3 ou 4 minutes pour accorder une guitare qui n’était pas franchement désaccordée), le charme est quelque peu rompu, le public se fait plus distant et distrait. Dommage.

 

Chapelier Fou apparait dans le giron du Fair en 2011, aux côtés de Frànçois & The Atlas Mountains, Griefjoy ou encore Le Prince Miiaou. Une jolie promo qui a su grandir et prouver ce dont elle était capable depuis.

À l’origine, Chapelier Fou était seul sur scène, à distiller ses expérimentations, échantillonner en live les sons de ses instruments, enivrer de ses boucles. Aujourd’hui, à l’aube de la sortie de son nouvel et 3ème album, Deltas, le messin d’origine s’accompagne de trois musiciens, formant une belle assemblée de savants fous de l’électronique.

Ce concert au Krakatoa est l’un de ces rares moments où le temps reste en suspend. Un voyage enchanté dans un monde bucolique et mélancolique. Chapelier Fou et ses acolytes nous emmènent dans un univers où il suffit de se laisser porter par les lignes mélodiques aériennes. Ils offrent sur scène de subtils arrangements, mêlant instruments acoustiques et musique électronique. Avec cette performance visuelle et sonore savamment orchestrée, Chapelier fou montre toute sa virtuosité à manier les styles et sonorités raffinées.  

P.S. : un GRAND merci à Ingrid Hazan pour le texte.

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