On y était : H-Burns à l’IBoat

Après deux albums remarqués en 2008 et 2013, et un dernier long format, Night Moves, unanimement salué par la presse et le public, les attentes fondées sur le concert d’H-Burns (alias Renaud Brustlein) étaient solides. L’innocence des mélodies couplée à la voix chancelante du chanteur et l'énergie rock des morceaux font mouche. D'ailleurs, cette impression d’avoir affaire à un groupe de lycée qui a une expérience et un professionnalisme de dingue est plutôt fascinante.

Night Moves est l’un des premiers albums parus cette année. Enregistré à Los Angeles, produit par Rob Schnapf (à qui l’on doit trois albums d’Elliott Smith et le Mellow Gold de Beck), il est aussi, en toute objectivité, l’un des meilleurs de 2015. Sa simplicité, son efficacité, son intemporalité font de lui un grand album. Une de ces perles que l’on écoute en boucle des semaines durant, sans éprouver la moindre lassitude. Des chansons que l’on a l’impression d’avoir en nous-même.

Pourtant, en rentrant de ce concert, le constat est légèrement moins euphorisant. Pour être honnête, le set de ce 31 Mars était en demi-teinte.

La magie du studio n’a pas opéré. Les chansons, expédiées comme si personne sur scène n’éprouvait de plaisir à les jouer, ont peiné à entraîner le public (certes, l’un des plus mous jamais vus à l’IBoat). Comme l’impression d’écouter l’album, le confort du casque et de la couette en moins. Les sublimes « Night Moves » et « Radio Buzzing » sont devenues fades, sans vie.

Puis arrive l’explosion, « Big City Blues » faisant office de détonateur. D’un set plat et distant, on passe à la prestation tant espérée. Énergique et inspirée, incisive et réjouissante. Le single « Nowhere To Be » confirme son statut de bombe, « Silent Wars » celui de classique intemporel. Derrière, ça joue bien, ça joue fort, ça maîtrise son sujet.

Au final, une vingtaine de chansons ont été jouées, dans un ordre presqu’aléatoire, pas assez pensé. Mais c’est sans compter sur un rappel de haut vol et un final sur la sublime reprise de Cat Power, « The Greatest », qui nous ont fait quitter la salle avec le sourire.

Crédit image de couverture : Sophie Levy

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