On y était : Douglas Dare et Fink au Krakatoa

Pas franchement convaincu par le dernier album de Fink, le main event de la soirée du jeudi 12 mars, c'est à la bourre qu'on part fêter le quart de siècle du Krakatoa. C'est con d’être en retard, parce qu'au final on y va plus pour le jeune Douglas Dare, en première partie, que pour l'ex DJ reconverti à la folk. En un seul album, Whelm (2014), il se retrouve déjà à tourner avec Ólafur Arnalds, Nils Frahm, et depuis quelques temps avec Fink. Si c’est pas un gage de qualité !

 

Bon, ça va, pile à l’heure. Casquette vissée sur la tête, entièrement vêtu de noir, le londonien de 23 ans arrive discrètement sur scène. En commençant par Lungful, Douglas Dare pose les bases du reste de son set : des envolées vocales sur un piano qu’il manie à merveille, complices d’une batterie électrique rajoutant en puissance et en intensité à ses chansons. Après plus d’une soixantaine de concerts, on peut comprendre les quelques défaillances de son instrument dès le deuxième morceau. Il est tellement poli qu’il demande l’autorisation du public pour le réparer rapidement ! T’en fais pas Douglas, on peut même te filer un coup de main si tu veux.

Douglas Dare. © Justine Dulhauste
Douglas Dare. Crédit : Justine Dulhauste

Prodige de l’électro acoustique, il gère les effets de micro de telle façon à rendre les échos de sa voix abyssaux, collants parfaitement aux profondeurs de Swim. Deux morceaux sans la batteuse, Seven Hours suivi de Caroline, laissant profiter de ses talents en song writing couplés à sa voix sans faille. Dernière track, accompagnée du batteur de Fink, et c’est terminé. Trop court malheureusement, mais ce superbe set confirme une chose : Douglas Dare est un artiste à suivre, et au mieux, à voir.

La talentueuse batteuse de Douglas Dare. Crédit : Justine Dulhauste
La batteuse de Douglas Dare. Crédit : Justine Dulhauste

Changement de plateau, ça se lâche sur la fumée. Le quatuor (un guitariste électrique vient s’ajouter à la formation pour les lives) arrive sur scène au bout d’une demie heure, et les applaudissements fusent déjà. Un début tamisé, graduel sur Pilgrim, qui prépare la salle au reste du set, tout autant évolutif, d’environ une heure et demi. Dès le deuxième morceau, Warm Shadows, impossible de nier les talents du batteur, qui portera le groupe en grande partie tout le long du live. La voix chaude et la diction peu articulée de Fin Greenall accentuent l’effet tantôt blues, tantôt crooner qu’il use à bon escient. Finalement, on a peut-être bien fait de rester.

Fink. Crédit : Justine Dulhauste
Fink. Crédit : Justine Dulhauste

Peu à peu, le groupe se laisse porter par les excellents retours du public. Retournant à ses influences Ninja Tunes-esques, c’est sur une bonne grosse rythmique de batterie à la fin de Sort of Revolution que Greenall lâche sa guitare, se met à genoux et manipule avec un mélange de fougue et de précision les potards de ses quelques pédales. « Let’s go back to the basics » pour deux morceaux, reposants sur un cajón et une guitare folk terriblement bien malmenés, ponctués d’un son électrique et d’un coffre bien plus remarquable en concert. Les paroles de Yesterday Was Hard On All Of Us ou Shakespeare sont entonnées par le public, preuve d’une belle symbiose que Fink installe depuis quelques années maintenant. La fin approche, les montées en puissance fonctionnent toujours autant, le public est conquis. Rappel pour le groupe de Cornouailles, qui termine en beauté sur This Is The Thing. La lumière se rallume violemment et sort le Krakatoa d’une parenthèse dans laquelle on serait bien restés plongés.

Fink, bidouillant ses pédales. Crédit : Justine Dulhauste
Fink, bidouillant ses pédales. Crédit : Justine Dulhauste

Résultat : Une claque anticipée pour Douglas Dare et une bien belle surprise pour Fink. Des anniversaires comme ça, on en voudrait plus souvent !

Douglas Dare : Facebook / Deezer
Fink : Facebook / Deezer

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