[ITW] Foxygen, un grand bol d’air fou

Foxygen est un groupe à part. Au milieu de l'océan du rock indé, il sort du lot avec un son qui fleure bon les 60's, voire les 70's, mêlant un psychédélisme du meilleur aloi à une jolie maîtrise de la pop song. Jonathan Rado et Sam France en sont le duo créateur et ont rencontré un grand succès critique dès leur deuxième LP, We Are the 21st Century Ambassadors of Peace & Magic. Ils sont jeunes – Sam, le chanteur, a 25 ans -, brillants, et un peu fous. Mais voilà, leur dernier album And Star Power, même s'il ravit par son érudition, laisse douter dans sa réalisation et son authenticité. En somme, Foxygen serait-il, déjà, sur le déclin ? On a rencontré Sam France en juin dernier, avant un concert à la Rock School. Lui a rassuré. La fougue est présente et Sam promet: "la période glam, c'est fini". May the force be with you.

Foxygen

Vous tournez depuis trois mois à un rythme vraiment soutenu. Où en êtes-vous ?

On est toujours excité. La routine ne s’est pas installée, au contraire. Notre show a bien évolué. On se lâche plus sur scène, on fait des sketchs. On est libre de faire ce que l’on veut. On peut s’arrêter et discuter. (voire carrément se battre, ou mimer la bagarre, c’est selon, ndlr)

Vous jouez votre album And Star Power, sorti en 2014. Un album moyennement apprécié par la critique. C’est dur à avaler ?

C’est notre premier CD autoproduit. Le sortir, c’était à la fois fun et flippant. On a été vivement critiqué pour l’album et la manière dont il sonne, mais on s’y attendait. Donc au final, que les gens aient aimé ou qu’ils aient détesté, ça reste une grande satisfaction. De toute manière, je ne lis pas de critique musicale…

On peut comprendre la critique. Votre album est difficile d’accès au premier abord, ne serait-ce que par sa structure : une première partie plus catchy et conventionnelle, et une seconde nettement plus expérimentale et chaotique…

On a divisé l’album en deux pour faire penser aux auditeurs « wow, ce groupe devient fou! » donc naturellement c’est ce qu’on a fait, on est devenu de plus en plus fous jusqu’à la fin de l’album. Et ça s’entend. C’est ce qu’on voulait !

J’ai lu dans une interview que vous disiez être littéralement devenu le groupe Star Power. C’est juste une contrainte artistique que vous vous imposez ?

Hammmmm, quand on fait de l’art, de la musique, pour moi et Jonathan, ce qui nous importe le plus, c’est toujours de créer quelque chose de nouveau. Ce qui passe aussi par modifier notre image. Ça nous excite vraiment de changer et d’incarner quelque chose de nouveau dans chaque création.

Sur « Star Power III: What Are We Good For » tu chantes «  what are we good for, if we can’t make it ? » Donc maintenant que vous êtes à la fin de la tournée. Est-ce que vous avez accompli ce que vous vouliez accomplir ?

OH YEAH ! je voulais finir le cycle sur Star Power et faire ces concerts qui en illustrent bien les différentes parties. Du cirque, des saynètes, du chahut, du chaos, des combats à l’épée. Et surtout avoir ce son fou ! Je voulais un truc barré et théâtral. je pense qu’on a réussi.

Le même concert, à peu de choses près

Pour résumer, en quoi Star Power est-il différent des précédents albums ?

Hammmm, je le décrirais comme l’Empire contre-attaque. Hammmm, tu sais, plus sombre et plus réfléchi un peu comme le second Star Wars.

Le 15 mars dernier, vous avez tweeté, « this is our final tour ». Info ou intox ?

Weeeeeellll, c’est effectivement notre dernière tournée en tant que groupe de Glam Rock. Mais ce n’est pas la fin de mon travail avec Jonathan. C’est la fin de cette formule et de notre période, disons « rock’n’roll ».

Donc le prochain projet, c’est le retour du Jedi ?

Ouais carrément.

Et sur quoi planchent les jedi ?

On a plusieurs projets, mais récemment on est à fond dans le sampling et je me suis mis à raper. On se lance dans des trucs plus hip-hop. À côté de ça, et on a commencé à écrire des morceaux orchestres…

Quelques jours plus tôt sortait ça.

Dans les groupes à deux têtes pensantes, il y a souvent des conflits d’égo ou en rapport avec les filles … Vous avez connu ça vous dans Foxygen ? Où en êtes-vous dans votre relation ?

Ouais bien sûr, mais on se connaît depuis qu’on est enfant donc on est un peu comme des frères. Mais même si on est frères, on peut se rendre fou l’un l’autre (rires, ndlr). On s’aime énormément.
Dans notre relation, c’est du travail et autre chose. Notre amitié crée de la musique, c’est ce qu’on aime faire ensemble. Artistiquement, on se respecte énormément, et on est toujours excité de voir comment nos talents peuvent se combiner. C’est ce qui permet de continuer. ..

Les premiers concerts étaient vraiment barrés. On peut presque dire qu’on ne savait pas vraiment jouer de la musique dans une vraie situation de live. — Sam France

Tu peux nous parler de ce qu’il s’est passé avec le gros succès du We Are the 21st Century Ambassadors of Peace & Magic.

Pour foxygen, on a continué à faire un son 60’s et 70’s. Mais au début c’était bizarre on n’était pas habitué au live. On a signé sur une maison de disque qui nous a fait tourner. Donc pour ça, il nous a fallu un groupe, répéter… les premiers concerts étaient vraiment barrés. On peut presque dire qu’on ne savait pas vraiment jouer de la musique dans une vraie situation de live. On a beaucoup grandi depuis. Dans notre mentalité aussi, on a changé. Ce qu’on a, on ne le prend plus vraiment pour acquis, et maintenant, on est plus reconnaissant. quand on fait des tournées, quand on joue dans une salle comme la Rock School Barbey, on fait vraiment tout pour que le concert soit vraiment bon.

Foxygen Foxygen Foxygen Foxygen

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