On y était : Thomas Dybdahl au Théâtre Les Etoiles

Mercredi dernier, on a fait une petite excursion au théâtre Les Etoiles, dans le 10ème arrondissement de Paris, pour écouter les douceurs folk de la star norvégienne Thomas Dybdahl. C'était tellement joli qu'on vous raconte tout ça, avec quelques photos en prime.

Une jolie petite scène dans une jolie petite salle du 10ème arrondissement, au public bien fourni. Des fans de la première heure qui se plaisent à murmurer chaque parole de chaque chanson. Des fans de la seconde heure qui, en silence, dévorent chaque arpège, des yeux comme des oreilles, le sourire aux lèvres. C’était sûrement de cela dont avaient besoin les âmes encore un peu meurtries par les récents événements parisiens: de la musique qui réchauffe le coeur, qui fait s’évader, et cela, Thomas Dybdahl en a le secret.

Mais avant cela, Pomme avait pour mission d’ouvrir la soirée. Pomme, même pas vingt ans, mais déjà une aisance et une présence sur scène à en décourager plus d’un(e). Son tout frais contrat chez Polydor en poche, elle sortira le lendemain de la Saint-Sylvestre son premier EP, où l’on pourra retrouver ses « p’tites chansons écrites dans des p’tites chambres » comme elle les décrit sur sa page Facebook. C’est frais, c’est mignon, c’est bien écrit, et ça va selon nos prévisions faire un carton.

Pomme
Pomme // Crédit photo : Justine Dulhauste pour Slapzine

Sur la version anglaise de sa page Wikipédia, le Norvégien Thomas Dybdahl, véritable star dans son pays (il y cumule les premières places dans les charts), est comparé à un certain Nick Drake, et même à Jeff Buckley. Le réduire à un mélange des deux serait flatteur et très juste (la filiation guitaristique avec – le vrai – Drake est évidente, et l’émotion contenue dans ses interprétations évoque forcément Buckley). Mais on occulterait une des facettes du bonhomme : il est heureux.

 

Oui, Thomas Dybdahl est heureux, et n’hésite pas à l’affirmer lors d’une de ses nombreuses petites discussions dont il ponctue son concert : « Non, je ne suis pas ce chanteur sombre et torturé ». Quoi, tous les barbus folkeux ne seraient pas de gros dépressifs ? Il est donc l’exception qui confirme la règle. Et c’est vrai que c’est vachement plus agréable de voir de la joie de vivre pendant que l’on cherche son dernier paquet de Kleenex dans son sac.

Thomas Dybdahl
Thomas Dybdahl // Crédit : Justine Dulhauste pour Slapzine

Parce que oui, un concert de Thomas Dybdahl est un ascenseur émotionnel. D’autant plus qu’il n’a ce soir-là, pour unique compagnie, que sa guitare. Un show en solo et entièrement acoustique. Autrement dit, le Graal du concert folk.

Thomas Dybdahl
Thomas Dybdahl // Crédit : Justine Dulhauste pour Slapzine

Sa voix de velours, sûrement l’une des plus belles parmi les songwriters actuels, côtoie avec élégance le doux son de sa guitare. Les mélodies peuvent se faire plus sombres par moment, mais elles sont toujours rattrapées par cet éclat, cette légèreté, cette fraîcheur si caractéristiques de la musique de Dybdahl. Et c’est justement de ce contraste que naît l’émotion. Une sorte d’émotion lumineuse, de joyeuse mélancolie, un sacré programme.

On doit à cette folkstar venue du froid quelques-unes des plus belles chansons de ces dernières années. La plupart d’entre-elles seront jouées ce soir là : les classiques Cecilia, reprise en choeur pendant de longues minutes par le public et A Love Story ou encore la sublime From Grace, avec laquelle il terminera le concert de la plus belle des façons. Mais ses dernières compositions comme But We Did sont la preuve que le succès public et critique n’équivaut pas obligatoirement au relâchement qualitatif, même au bout de treize ans de carrière solo.

Ce concert restera comme un vrai moment hors du temps, en compagnie d’un conteur magicien injustement méconnu par chez nous.

Thomas Dybdahl
Thomas Dybdahl // Crédit : Justine Dulhauste pour Slapzine
Photos à retrouver en grand format sur Flickr.

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