[ITW] Heymoonshaker : sail or swim

Après s'être fait remarquer sur internet grâce à des performances de rue impressionnantes, Heymoonshaker a sillonné le globe armé d'un beatbox blues dont ils sont les seuls à détenir la recette. Quelques jours seulement après la sortie de NOIR, leur deuxième album, le duo anglais a posé ses valises à Bordeaux, prêt à se frotter à la cale de l'IBOAT. C'est dans le salon supérieur du bateau, installés dans un canapé vintage, que Dave Crowe et Andrew Balcon ont accepté de nous rencontrer.

Slapzine garde l’oeil depuis un moment sur Heymoonshaker. Il faut dire qu’on oublie difficilement une prestation de ce duo atypique. Celles qu’on avait eu l’occasion de voir nous avaient impressionné (au Cognac Blues Passion 2013 et au Connexion Live à Toulouse la même année), tant les deux membres se complètent, domptant ensemble la scène, s’appropriant l’espace, et distillant des prestations viscérales, maîtrisées de bout en bout.

Ce 6 Octobre, c’est dans un sentiment mitigé d’appréhension et d’impatience que l’on façonne le cadre de la rencontre. On peaufine les derniers détails pendant que le duo finit ses balances. Quand ils arrivent, tout doute se dissipe. La décontraction dont ils font preuve pose les bases d’une interview qui aurait dû durer 20 minutes. Ce n’est pourtant qu’au bout d’une heure qu’on remballe notre matériel ; une heure durant laquelle Dave et Andrew se livrent sans concession, oscillant entre franchise totale et sérieuse déconne.

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Le concert

En ouverture, KEPA délivre une prestation sans bavure. Seul sur scène, son blues countryside est pêchu. Un kick au pied, une guitare résonator en mains, le jeune bayonnais est peu loquace, à l’image des paroles simplistes de ses chansons. Mais qu’importe, rythmiquement, ça fonctionne, et la cale est déjà quasiment remplie.

Quand Heymoonshaker arrive sur scène, la place se fait rare aux abords de la scène. La salle est remplie pour accueillir une heure de show inédit. Le duo n’en est qu’à sa troisième date depuis la sortie de son album, mais rien ne laisse entrevoir une once de rodage. Tranchant d’emblée, le beatbox blues ne tarde pas à faire son effet, prenant chacun par la taille pour l’emmener voguer au pays des champs de coton.

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Crédit photo : Slapzine

 

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Crédit photo : Slapzine

 

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Crédit photo : Slapzine

 

Heymoonshaker n’a rien perdu de ses rituels scéniques, et au milieu du concert, tour à tour, Andrew et Dave s’offrent quelques minutes de prestation solo. Le guitare-voix d’Andrew d’abord, pour une ballade criarde, mais à la mélodie envoûtante. Puis vient le solo de Dave, seul face au micro, pour 5 minutes de pur plaisir. Entre jungle, dubstep et hip-hop, les rythmes fracassants s’enchaînent, laissant parfois place à des lignes de basse venues des tréfonds de la gorge. Le public s’extasie, il faut dire que la prestation a de quoi en impressionner plus d’un.
NOIR est largement défendu durant le concert, qui revient à l’occasion sur quelques titres de Shakerism, sans trop s’y attarder. La chaleur atteint son climax quand le rappel se termine, et le public semble avoir rendu l’énergie que le groupe n’a cessé de dépenser sur scène.

 

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Crédit photo : Slapzine

 

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Crédit photo : Slapzine

 

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Crédit photo : Slapzine

 

Heymoonshaker a de très beaux jours devant lui. Biens dans leurs pompes, nos deux compères savent dans quelle direction voguer, et ne laisseront pas n’importe qui piloter leur rafiot !

 

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