[ITW] The Shelters, le rock chiadé agenais

Shelters, groupe de Rock Indie agennais (47) se produira au Bikini, à Toulouse (31) le 11 juin pour le gala d'une école d'architectes. Adeptes de la spontanéité et du contact humain, ils préparent actuellement un E.P aux petits oignons pour le régal de nos papilles auditives.
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Comment vous êtes-vous rencontrés ?

On s’est rencontré au collège, on a commencé la musique en même temps. Depuis il y a seulement eu deux mouvements : Michaël – à la guitare – est arrivé pendant les années lycées, et Fred – à la basse – s’est pointé plus récemment.

Depuis le temps vous avez dû beaucoup évoluer au niveau de votre jeu, non ?

Autodafé, c’est le morceau le plus abouti qu’on ait enregistré jusque-là, on l’aime beaucoup. Mais on cherche quand même à continuer d’évoluer vers quelque chose de plus, propre… de plus chiadé quoi.

En ce moment vous êtes plutôt dans une phase écriture ou une phase live ?

Actuellement on bosse sur un EP de 6/7 titres avec un producteur parisien qui fait des musiques de pub. Il va nous aider à avoir le recul qu’on n’a pas sur les morceaux, pour qu’on puisse pondre quelque chose de beaucoup plus abouti. Il est intransigeant, il recherche le meilleur rendu possible, à avoir un final très profond et très propre. On n’a pas encore fixé de date de sortie, mais ça devrait paraître entre l’automne et l’hiver prochain.

Les morceaux sont encore en cours d’écriture, du coup on se concentre plutôt sur l’EP que sur les concerts, mais quand on nous propose on n’hésite pas une seconde. D’ailleurs on a de plus en plus de propositions, c’est assez flatteur, c’est cool.

Vous avez sorti d’autres démos avant cet EP ?

Oui oui, c’est notre quatrième. On a sorti une démo de trois titres et deux de deux titres. Mais c’est le premier E.P à proprement parler. On recherche un résultat final vraiment abouti, avec des morceaux propres qui s’enchaînent bien et qui racontent surtout une vraie histoire.

Et vous avez quelques contacts ?

C’est top secret mais y’aurait un tourneur qui serait potentiellement intéressé, mais ils ont besoin de promo, d’un CD,  d’un clip – qu’on fera très certainement avec Autodafé d’ailleurs – pour pouvoir réellement nous aider. Pour le clip, la mairie d’Agen devrait nous aider un peu financièrement, puis potentiellement avec une campagne de crowdfunding ou de précommande, on y réfléchit.

Du coup pour le moment on est toujours indépendants : le label attend qu’un tourneur s’investisse, et le tourneur attend que ça soit le label… C’est le serpent qui se mord la queue. Notre musique est peut-être encore un peu tendre, du coup on met les bouchées doubles pour remédier à ça. D’ailleurs notre date au Bikini le 11 juin sera l’occasion de tester 2/3 nouveaux morceaux en live.

 

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Les membres de Shelters. Fred (basse), Lucas (batterie), Michaël (guitare), Julien (guitare), Léo (chant)

Sinon, au niveau de vos influences ça donne quoi ?

A nos début c’était très rock indie, genre Kings of Leon, Arctic Monkeys, Bloc Party tout ça. Maintenant qu’on a intégré un pad électronique à l’équation, la rythmique change radicalement. Les riffs de Lucas, le batteur, sont aussi de plus en plus chiadés, c’est cool. Tout devient plus mûr, on ne cherche plus à faire dans l’efficace, on veut quelque chose de plus recherché.

Vu qu’on écoute beaucoup d’électro, le pad nous permet d’intégrer un peu de ce style dans nos compos. Actuellement on aime beaucoup le groupe canadien Suuns.

Question plus bateau mais qui est toujours efficace : comment ça se passe pour les compos ?

[Rires] On s’arrange pas du tout la tâche en fait. On veut faire tout ensemble pour garder l’esprit du groupe intact. Du coup ça prend beaucoup plus de temps. Malgré tout on y tient beaucoup, ça nous permet de communiquer entre nous, et on aime bien communiquer.

Au niveau des guitares c’est assez particulier. La répartition lead-rythmique est très équitable. Ça se joue toujours à l’inspiration, à la manière dont ils ont composé, etc. Ils ne s’emmerdent pas avec ça, ils arrivent à se transposer l’un et l’autre dans deux styles totalement différents. C’est intéressant, ça amène de la richesse puisque l’un ne prédomine jamais sur l’autre. Les sons qu’ils produisent sont distincts, non seulement grâce à l’utilisation de pédales, mais aussi et surtout par leur jeu personnel.

Et les paroles ?

Le chant s’écrit de manière très spontanée, mais les réflexes mûrissent puisqu’on se connait de mieux en mieux.  Notre manière est un peu surnaturelle, mais c’est cool. Le feeling est vraiment bon, mais on se facilite pas la tâche encore une fois.

On n’a pas réellement de thème de prédilection, on cherche à faire quelque chose de très vaste pour laisser libre cours à l’imagination de chacun. Ça aussi c’est assez surréaliste. Ça m’est même arrivé d’écrire un texte il y a quelques années, et le comprendre d’une manière totalement différente en le relisant ensuite. Je trouve ça intéressant de ne pas tout gâcher en écrivant quelque chose de trop précis. Parce que le sens dépend de plusieurs choses : les paroles (si si), de l’instru, et surtout du contexte et de l’expérience de chacun.

Par contre, soyons précis, écrire vaste ce n’est pas être vague, c’est presque plus difficile… J’ai pris l’habitude d’écrire comme ça, plutôt que de raconter une histoire avec une petite fille qui fait son marché… Je préfère. Je sais pas si c’est très clair [rires].

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Les membres de Shelters. De gauche à droite : Fred (basse), Mickey (guitare), Léo (chant), Julien (guitare), Fred (basse), et Lucas (batterie).

Vous avez un petit rituel pré-concert ?

Vous voyez la vidéo « Parlez-vous rugby » ? L’entraîneur parle à ses joueurs, il leur dit de se serrer et tout, c’est très drôle. On a essayé ça une fois, ça pourrait devenir un rituel. Mais ce mec est génial, il les remonte comme des pendules. En plus ça nous permet de nous toucher aussi c’est cool, on se sent plus proche…

Une petite anecdote peut-être ?

On avait annoncé à tout le monde qu’on allait vendre notre démo après un concert, sauf qu’on a eu une merde, on n’a pas pu presser les CD à temps. Du coup on s’est retrouvé avec une tour de reproduction de CD dans les loges du Florida à Agen (47). On a passé tout l’avant-concert à presser les CD, à les emballer, à écrire dessus… C’était assez drôle. Ils étaient tout chauds quand on les a vendus.

D’ailleurs ça me fait penser à la performance de Jack White au Disquaire Day : il a enregistré 2 morceaux live et il les a pressés dans la foulée. Un mec les enregistrait et les pressait en vinyle dans une cabine à gauche de la scène. Du coup le disque était dispo seulement 5 minutes après le concert alors qu’il n’était même pas enregistré avant, vraiment cool.

Nous on a réussi à faire les notre en deux heures avant le concert. Enfin c’est pas comparable : nous c’était un CD, pas un vinyle, mais c’était marrant. C’était une belle performance de Jack White. Il sort de scène et revient 5/6 minutes plus tard avec une vingtaine de vinyle tout frais tout chauds.

Un petit mot pour la fin ?

Profondeur de banc.

 

Portrait « bûche » : 

Si t’étais une photo ? Probablement une capture d’écran bien calibrée du clip Boys de Sabrina.

Si t’étais un bouquin ? Une nouvelle qu’aurait écrit Bukowski en s’injectant de grosses doses de physique quantique et de gros whiskys bien entendu.

Si t’étais un album ? Le best of de Johnny Clegg sans hésiter un seul instant.

Si t’étais un super-héros ? Une lampe à huile omnipotente.

Si t’étais le fils de Dieu ? Benoît Pedretti, ce mec est incroyable, il inspire par son absence. Ses ex coéquipiers pourront confirmer les bienfaits de ses préconisations dans le vestiaire, même des années plus tard, il reste comme l’ombre d’un leader. Très inspirant.

Et enfin, ultime question, si t’étais une bûche ? Une bûche de Pin d’Alep.

 

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Sabrina, du clip Boys

 

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