Good Grooves #24 / Nina Attal – WHA

Après un premier album (« yellow 6/17 ») sorti en 2009, Nina Attal sort WHA ce mois-ci, un album enregistré dans le studio Avatar de New-York.

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Après avoir sillonné les scènes mondiales et côtoyé les grands noms du paysage funk/soul international (Jamie Cullum, Nile Rodgers, Electro Deluxe …) Nina Attal est reparti en studio cette année avec un peu plus de maturité. WHA est une pièce au son très travaillé, très pro, mais surtout très arrangé, contrairement à son prédécesseur. Cette évolution, Nina Attal la doit à Jerry Barnes, bassiste attitré de Nile Rodgers, qui l’a conviée à New-York pour user de son studio et de son expérience. Le fossé est immense, sans conteste, mais de tels changements techniques influent souvent sur le contenu. Alors, Nina Attal, c’était mieux avant ?

WHA est un album complet. Hommage certain aux noms influents de la Soul. 12 titres pour un éclectisme assumé, WHA passe sans complexe des claviers funky Stevie Wonder à la pop-soul de Beyoncé. Nina Attal revêt différentes casquettes pour armer sa voix cristalline et défendre un genre dans lequel les divas afro-américaines n’ont plus besoin de démontrer leur hégémonie. Ain’t Gone est sorti il y a quelques semaines déjà. Le gimmick répétitif et la ligne simple en ont fait l’archétype du single … et d’ailleurs, c’en est un. Pour autant, le titre est sûrement l’un des plus intelligents de l’album en terme de prod. Everything You Say s’arme d’un funk lent aux effets poussifs. Le mélange funk-rock appuyé sur les cuivres n’est pas sans rappeler la patte de Prince (avant qu’il fasse des trucs bizarres bien-sûr).

Un tiers de l’album s’appuie sur l’aspect sensuel de la Soul. People s’inspire du Gospel, Good Guy et Baby prennent une teinte très pop,  et Somebody To Love sort carrément du lot. On en dirait presque une chanson mielleuse de film à l’eau de rose. Genre le baiser sous la pluie dans Coup de Foudre à Nothing Hill, celui-là même qui fout bien la goutte à l’oeil des coeurs féminins. Et là, tu t’es farci 11 titres plutôt pas mal, t’attends le dernier en te disant que peut-être tu vas mouiller le fond de ta culotte tellement ça va être une bonne surprise, et à part si t’es rose avec des grelots sur les tétons, tu te dis : MAIS POURQUOI BORDEL ? C’est la dernière chanson, tu peux pas tout niquer comme ça … Enfin bon, heureusement, avant, y’a Bring Me Back That Love, très Electro Deluxe dans la mise en place, mais surtout super groovy, et surtout, non … SURTOUT « The Jam », cet OVNI de 1mn30 qui tombe comme un bras au milieu du dos, à l’authenticité indiscutable grâce à cette entrée de batterie complètement foirée, et au slap monstrueux de Jerry Barnes, qui aura quand même imposé sa classe sur un des titres. Et quand Jerry joue, même Tom s’arrête pour apprécier !

Si on regarde le truc d’un peu plus loin, on apprend à apprécier l’aspect sur-produit. Ce ne sera pas l’album funk du siècle, ni une révélation dans la carrière de Nina Attal, mais WHA reste un objet appréciable, à laisser tourner dans sa voiture pour profiter du peu de beaux jours qu’il nous reste à voir cette année. Puis, après tout, pour une française, ça fait « Chic » d’aller enregistrer à New-York.