Good Grooves #15 / Blood Red Shoes – Blood Red Shoes

L'abécédaire en trois lettres du nouvel album éponyme de Blood Red Shoes
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L’abécédaire en trois lettres du nouvel album de B.R.S :

Authenticité

En 2011 sortait le troisième album de BRS, In Time To Voices. Une production réussie, très travaillée, mais qui dérangeait tout spectateur de la première heure par le soin apporté à sa production. Trop polissé, pas plat mais pas gras, la dimension de l’arrangement et de la production venaient ternir quelque-peu une formule que l’on appréciait chez nos anglais, et de la même manière, l’image que l’on se fait d’un duo rock.
Ce 3 Mars, Laura-Mary Carter er Steven Ansell reviennent à l’assaut des disquaires avec un éponyme. Alors, toujours plus lisse, toujours moins fort ?

Brutalité

L’album est un vrai retour aux sources, et plus encore. Rock aux frontières du punk, l’enveloppe est fournie, certes, et les arrangements n’y sont pas étrangers, mais la place la plus conséquente est celle du riff, le vrai, efficace, et qui fait à lui seul l’essence d’un morceau. Distorsion poussive sur les refrains, mélodie épurée, minimalisme assumé, Blood Red Shoes retrouve l’innocence de I’ll Be Your Eyes (2007) en y incorporant l’expérience engrangée jusqu’ici.

L’authenticité est maitre mot ; une envie de produire une pièce digne d’un live, avec la marge d’erreurs que cela comporte. Imprécisions rythmiques et mélodiques sont au rendez-vous mais toujours correctement domptées de sorte qu’elles se fondent dans un tout.

Le contraste a toujours fait mouche : sous des airs adolescents, la fougue de Brighton rugit sans discontinuer. 1mn50 d’intro barbare avec Welcome Home, et on se sent déja bien dans leur demeure bruyante.

Charme

Beauté et douceur ne riment pas nécessairement avec niaiserie. Sous ses airs d’égérie fatale, Laura-Mary Carter ferait passer Alison Moshart pour une fille à papa. Clé de l’hamonie à elle seule, elle ne tarit pas d’une débauche maîtrisée (Perfect Mess), tant dans la voix que dans le jeu. A ce propos, la guitariste ne cesse de nous surprendre au fil des productions. Le premier E.P (et les prestations scéniques qui allaient avec) laissait entrevoir les limites techniques de la belle brune, mais cet album nous prouve que le temps fait son affaire, et que les riffs sont désormais assurés et irréprochables, tout comme sa voix, magnifiée.

Steven matraque, comme d’ordinaire, avec brio, pour donner ce côté garage qui leur colle à la peau. Côté vocal, c’est moins assuré, un peu fragile, mais rien de dérangeant puisque c’est ce qui le rend reconnaissable.

Blood Red Shoes est l’album de la maturité. Il est le résultat d’une expérience forgée par de longues tournées et de l’inspiration à revendre. Efficace et déterminé, le rock anglais garde la pêche et le duo prolifique n’a rien à envier aux américains des Kills ou autres Black Keys.

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