Top 8 première apparition de personnages au cinéma

Entre films marquants et fortes personnalités, un florilège de héros charismatiques du cinéma

Je sais pas pour vous, mais pour moi la douche est un peu un endroit magique. Pendant un certain laps de temps, tu te retrouves tout seul (ouais parce que même si tu peux être accompagné, la plupart du temps t’es tout seul) avec tes pensées, ta réflexion, et surtout à peu près toutes les conneries qui te passent par la tête. Sans déconner les boîtes de pubs devraient foutre leurs employés sous la douche pendant les séances de brainstorming plutôt que de les enfermer dans une salle de conférence avec des patisseries toutes perraves disposées en cercle au milieu. Leur productivité serait décuplée.

Plus sérieusement, je pense qu’actuellement, ça doit être un des derniers endroits où l’on réfléchit sans aucune influence extérieure. Pas internet, pas de téléphone, pas d’appareil électronique en général et la solitude. C’est un peu flippant quand on y pense, que le seul endroit où l’on puisse penser par nous-même soit notre foutue douche. Bref, je m’égare un chouilla putain.

Ce que je voulais vous dire, c’est que l’autre jour, j’étais sous la douche et je sais pas pourquoi je pensais au film V for Vendetta adapté du roman graphique d’Alan Moore à l’écriture et David Lloyd à l’illustration, par James McTeigue, et surtout scénarisé par les frères et depuis peu sœurs Wachowski. Et je me disais « la scène d’introduction de V lorsqu’il rencontre Evey est putain de dingue » (ouais parce que je parle comme ça dans ma tête). De par cette magnifique réflexion, je me suis mis à réfléchir à d’autres scènes d’introduction de personnages principaux dans les films… Et donc voilà sans plus attendre et sans plus de cérémonies un bon gros top 8 des meilleures premières apparitions de personnages principaux au cinéma.

 

Numéro 8 : Capitaine Jack Sparrow dans Pirate des Caraïbes : Le secret du coffre maudit

On commence avec du classique, la première apparition d’un personnage mythique, le capitaine Jack Sparrow, interprété par Johnny Depp. L’introduction du personnage se fait dans les codes du héros américain, le premier plan n’est jamais de face, dans le but de créer un sentiment d’attente, la quasi totalité de la scène se fait en contre plongée, magnifiant le personnage. Tout dans cette première scène transforme le personnage en quasi-Dieu et tout ça dans les deux premiers plans. Le spectateur n’a aucun doute qu’il s’agit d’un personnage extrêmement important. On réussit quand même en 1 minute 30 à apercevoir l’ambivalence du personnage. A savoir sa prestance et sa classe absolue ainsi que tout son caractère grotesque et burlesque. On aperçoit déjà les mimiques empruntées par l’acteur au guitariste des Rolling Stones, Keith Richards, lorsqu’il salue ses compatriotes pas très en forme se balançant au bout d’une corde. Après on aime ou on aime pas la grosse machine Disney qu’est Pirates des Caraïbes, mais je pense qu’on est tous d’accord pour dire qu’on a pensé en voyant cette scène la première fois « Putain cette classe! », pour ensuite lâcher un petit ricanement lorsque l’on se rend compte de l’état réel du bateau sur lequel il se trouve.

Numéro 7 : Thomas O’Malley dans Les Aristochats

En français:

En Vo:

Parce qu’on a tous été gosse, et puis aussi parce que Les Aristochats est probablement un des meilleurs pour ne pas dire le meilleur Disney. Et puis aussi parce que O’Malley quoi. Le George Abitbol des félins putain, le chat le plus classe du monde ! Et tout ça en étant roux, si c’est pas prouver que tout le monde peut s’en sortir ! Encore une fois on remarquera qu’il fait réellement son apparition hors champ. En effet quand on entend sa voix, le plan est centré sur Duchesse, qui se réveille et regarde curieusement d’où vient cette voix suave et virile. Le spectateur est surpris, et, comme elle, attend l’apparition du matou roux, on retrouve encore une fois une création de mythologie autour du personnage sans encore être témoin de son apparence. Je vous ai mis l’extrait en français pour la nostalgie de notre tendre enfance et en version originale pour la voix de Phil Harris qui groove un max.

Numéro 6 : Les Blues Brothers dans The Blues Brothers

Je vous parlais plus tôt de la création en une scène du mythe autour d’un personnage, l’introduction de Jake et Elwood dans The blues brothers en est un exemple parfait. La scène alterne entre l’arrivée d’Elwood à la prison et Jake récupérant ses effets personnels à la sortie de la dite prison. Les personnages sont déjà des icônes à part entière à l’époque puisque partie intégrante du show « Saturday night live » sur NBC. Ils prennent cependant ici une autre dimension puisqu’ils prennent vie sur grand écran. Il est donc logique de les réintroduire pour les spectateurs n’ayant jamais regardé l’émission; ce qui était majoritairement le cas des spectateurs hors États-Unis puisque le film est sorti en salle en 1980 à l’échelle mondiale. On assiste donc à la présentation de tout ce qui fait les Blues Brothers : le tatouage de leurs prénoms sur leurs phalanges, le chapeau noir, le costume noir et les Wayfarers. Si Batman a sa Batmobile, les Blues Brothers ont leur Bluesmobile qui peut être considérée comme un personnage à part entière. On remarquera encore le sentiment d’attente créé par l’apparition partielle et par petite touche des deux protagonistes, la sortie de prison de Jake extrêmement théâtralisée grâce au contre-jour. Ce n’est que lorsque les deux frères sont réunis que l’on voit leur visage et que cette séquence atteint son climax avec le renfort de la musique.

Numéro 5 : Vito Corleone dans Le parrain 

Marlon Brando dans Le Parrain c’est beaucoup de chose, c’est une sacrée gueule et une gueule sacrée, une voix charismatique, une dégaine inoubliable et une très grande performance d’acteur. La scène commence centrée sur un homme assis à un bureau, s’adressant à Vito Corleone que l’on ne voit pas encore. Il lui demande de venger sa fille, abusée physiquement par des individus peu recommandables. Et c’est là que la scène est très forte. On ne voit que cet homme s’adressant au Don avec un immense respect. Le spectateur n’a pas encore vu le personnage que celui-ci dégage déjà une présence imposante. Le plan recule petit à petit jusqu’à ce que l’on perçoive le côté droit de son visage et sa main posée sur sa joue, puis sa voix si charismatique. Le plan passe enfin sur son visage que l’on découvre : serein, réfléchi et imposant. Juste un autre jour au bureau pour Don Corleone. On pourra signaler que dans le but de se calquer à la perfection sur l’image que Marlon Brando se faisait du personnage, celui-ci avait pris l’initiative de se placer des balles de coton dans les joues. Si c’est pas de l’investissement personnel ! Quand on connait les détails de sa performance 7 ans plus tard dans Apocalypse Now on peine à y croire. Ici, son jeu nous permet d’entrevoir la complexité du personnage du Don : Chef d’une communauté, père de famille, et homme craint et respecté ayant un certain nombre de personnes sous ses ordres. Petite anecdote amusante, le chaton qu’il caresse sur ses genoux n’était absolument pas prévu dans la scène. Le félin lui a grimpé dessus et Marlon Brando a décidé de le garder sur ses genoux en continuant à jouer la scène. Coppola, amusé par cet élément inattendu, a laissé faire. C’est d’ailleurs assez symptomatique du personnage du Don, à la fois capable d’une immense douceur, mais aussi d’une extrême fermeté.

Numéro 4 : Le joker dans Dark Knight

Ouais, je sais qu’il ne s’agit pas réellement de la première apparition du personnage dans le film, cependant il me semble que, plusieurs années après l’avoir vu, c’est cette scène dont on se souvient lorsque l’on parle de l’apparition du Joker dans The Dark Knight de Christopher Nolan, et ce n’est pas innocent. La scène se déroule lors d’une réunion de tous les chefs de la pègre de Gotham lorsque le Joker entre en scène. D’abord hors-champ avec son rire si charismatique, puis de dos. On découvre alors son fameux costume violet, ses cheveux graisseux et enfin son visage maquillé. Les pontes de la mafia présents savent déjà qu’il est le responsable du vol de leur argent et l’un d’entre eux décide de laisser un de ses sbires s’occuper du clown. Et puis crayon. Bim en une demi-seconde il passe de personnage étrange et pas vraiment pris au sérieux à un individu complètement imprévisible, super couillu, carrément dangereux et prêt à tout. Même à se faire sauter grâce à plusieurs grenades qu’il porte cachées dans sa veste comme on le voit plus tard. Heath Ledger saisit de manière extrêmement pointue le personnage du Joker et l’incarne avec grande justesse. Il contraste complètement avec les criminels classiques présents. Il se présente sans hommes de main, n’est pas intéressé par l’argent et expose son unique but : tuer Batman, chose absolument inconcevable pour la pègre qui lui rit au nez. Il incarne à lui seul le chaos, par ses mimiques, sa façon de parler, d’agir et de penser. Il est, finalement, le seul à comprendre ce qu’il fait et comment il le fait.

Numéro 3 : Ringo Kid dans La chevauchée fantastique

Georges Abitbol les gars ! Putain qu’est ce que je peux aimer cette scène. Je dois avouer que pour celle-ci je me suis fais plaisir. D’abord parce que le film date de 1939 et est clairement en avance sur son temps, ensuite parce que c’est le premier rôle majeur de John Wayne dans un film de John Ford. En effet, celui-ci n’avait jusque là joué que des rôles de figurant avec le réalisateur malgré quelques rôles plus importants dirigé par d’autres (La piste des géants de Raoul Walsh). Lorsqu’on sait ce qu’il est devenu sous la direction de Ford dans des films comme La prisonnière du désert ou L’homme tranquille, on peut considérer qu’on assiste à la naissance de deux légendes. On peut difficilement faire plus iconique comme première apparition. Tag Gallagher, un des plus grands critiques de cinéma américain ayant beaucoup travaillé sur John Ford avait apparenté cette scène à l’apparition d’un dieu. Parce que le John Wayne quand il joue ce premier rôle majeur, non seulement son personnage, Ringo Kid, devient une légende mais en plus il se paye une apparition filmée à la perfection par John Ford mettant en lumière toute la splendeur d’un rôle que l’acteur ne quittera plus, le héros américain parfait : le cow-boy. Aujourd’hui la scène semble un peu kitsch, mais elle fait quand même le boulot. Ringo Kid apparaît devant un décor superbe, celui de l’Ouest sauvage américain, en rechargeant son fusil avec une classe que même Schwarzy dans Terminator 2 en serait jaloux; et puis ce zoom de dingue sur le visage encore jeune de John Wayne! C’est presque une déclaration d’amour à l’acteur de la part de John Ford, une manière de lui dire : « Toi et moi mon petit, on va aller loin« . Je pourrai parler de cette scène, de ce film, de cet acteur et de ce réalisateur pendant des heures donc je vais m’arrêter ici. Mais je vous encourage vivement à voir le film (En VOST hein bande de feignasses) parce que c’est juste un chef d’oeuvre. Et les acteurs, notamment John Carradine, sont incroyables. S’il y’en a un dans ce top que je devrais vous conseiller, ce serait celui-là.

Numéro 2 : Patrick Bateman dans American Psycho

La scène de la douche les filles ! Ou plus particulièrement la scène du rituel matinal de Patrick Bateman. Scène dans laquelle il explique toutes les étapes de sa préparation à aller au bureau chaque matin. Et effectivement, ouais, le mec est gaulé comme un putain d’apollon et prend une douche à poil. D’ailleurs lors du tournage de la scène, la totalité des femmes de la production était agglutinée sur le plateau pour voir Christian Bale se savonner la fesse. Bon heureusement, la scène dépasse de loin l’idée seule de montrer l’acteur en tenue d’Adam. Patrick Bateman, à travers la voix-off, détaille sa routine du matin. Bon si pour vous et moi c’est surement pipi, douche, café, thé ou miel pops puis tram, métro, vélo, bus, sous-marin ou jet-pack ; la sienne est un peu plus complexe. Le personnage accorde énormément d’importance à son apparence, à son rythme et à son hygiène de vie. Il cultive son image et la maîtrise à la perfection. « Il y a un idéal de Patrick Bateman » dit-il lui même. On est clairement dans la création d’un personnage par le personnage lui-même. La double personnalité est le thème central du film, utilisée à une fin de satire sociale. Cette scène est déterminante car on assiste à la création du masque de Partick Bateman, visant à cacher ses plus sombres pulsions et finalement quel individu il est réellement. Pour la petite histoire, Christian Bale a respecté cet exact même rituel tous les matins pendant toute la durée du tournage dans le seul but de rentrer dans la peau du personnage.

Numéro 1 : V dans V for Vendetta

C’est clairement la première apparition de personnage la plus marquante. On entend d’abord sa voix si charismatique hors champ, sans réellement comprendre ce qu’il dit. Puis on le découvre dans son costume avec son masque et son chapeau. Sa main surgit du noir de son manteau, tenant un long couteau à deux lames brillant dans la nuit. Et puis badaboum, ni une ni deux, il éclate les trois hommes du doigt et sauve la pauvre Evey d’un gang bang auquel elle est bien heureuse d’échapper. Comme un chevalier blanc sauverait la jeune pucelle en détresse. Première facette du personnage : il se bat avec une facilité et une brutalité hallucinante et, est clairement doté d’une force proche du surnaturel. Puis vient la seconde : l’homme raffiné et instruit. Pour rassurer la demoiselle secourue, il se présente. Et autant vous dire que ça a plus de gueule que « Hé mademoiselle t’es charmante, t’as pas un 06? « . Un magnifique monologue constitué majoritairement de mots commençant par « v », présentant qui il est mais aussi sa motivation et son but (retranscription en français). Ses mots et son phrasé sont comme ses lames, virevoltants et tranchants. La performance d’Hugo Weaving est incroyable, d’autant plus qu’il porte un masque durant tout le film, invitant le spectateur à se focaliser sur sa voix et sa gestuelle, seuls outils qu’il aura à sa disposition pour jouer. La tirade d’introduction de V n’est d’ailleurs pas présente dans le comics et serait donc une création originale de la réalisation du film. V survole le film et domine tous les autres personnages grâce à sa complexité et le mystère qui l’entoure. Il incarne à la perfection le personnage badass dans toute sa splendeur : froid, doté d’une intelligence supérieure, brutale, réfléchie et d’une classe hors norme le plaçant au sommet de ce top 8.

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