On ressort les VHS de ta grand-mère : Tombstone, Georges P. Costamos, 1993

Envie de redécouvrir les films qui ont bercé ton enfance? Avec la rubrique ciné Les VHS de ta grand-mère, Slapzine propose de dépoussiérer les vieilles cassettes qui pourraient traîner dans ton grenier familial. Chaque semaine, nos critiques se pencheront sur une pépite, avec deux contraintes:
- Le film doit être sorti avant le 31 décembre 1999, date symbolique du début du génocide des VHS par le Digital Versatile Disc
- Chaque critique doit être liée à la précédente par le réalisateur, l'un des acteurs ou la thématique.

Après la chronique de la semaine dernière, consacrée à True Romance, nous avons choisi de suivre l’acteur Val Kilmer, qui incarnait le mentor du personnage principal dans le film de Tony Scott.

Avec le succès de Top Gun, Willow, ou encore Heat, Val Kilmer marchait sur l’eau entre le milieu des années 80 et la fin des 90’s (Batman Forever, on oublie!). Aujourd’hui, il a depuis quasiment disparu des grosses productions hollywoodiennes.

Cette semaine, on jette un œil à Tombstone. C’est dans ce western qu’il signe l’une de ses interprétations les plus réussies. Kilmer y incarne Doc Holliday, as de la gâchette tuberculeux, venu prêter main forte à un ami marshall dans la ville d’Arizona.

Des cowboys, des vrais

1881, début de la conquête de l’Ouest aux Etats-Unis. La ville de Tombstone, sortie de terre un an plus tôt, est en plein boom économique. C’est l’endroit où s’est installé le légendaire marshall Wyatt Earp, qui profite de sa retraite.

Pas de chance, l’argent attire aussi les hors-la-loi. Une centaine d’entre-eux, menés par le terrible « Curly » Bill Brocius, viennent terroriser les habitants. Ils arborent un bandeau rouge autour de la taille en signe d’appartenance à leur groupe : ils se font appeler les Cowboys.

Les Cowboys de Bills Brocius n'ont aucun respect pour le mariage
Même en plein mariage, on ne tue pas les hommes de Bills Brocius sans en payer le prix.

La situation s’envenime rapidement entre Wyatt Earp, forcé de reprendre du service, et le chef du gang « Curly » Bill. Doc Holliday, ami de longue date d’Earp et provocateur invétéré, arrive alors en ville. À ce moment, le film devient un western explosif, où s’entremêlent vendetta épique et réalité historique.

L’intérêt du long-métrage réside en partie dans la mise en scène d’événements emblématiques du mythe de la conquête de l’ouest. Le plus fameux : la fusillade d’OK Corral. Les frères Earp et Doc Holliday y affrontent trois bandits à la solde de « Curly » Bill dans une arrière-cour de la ville de Tombstone. Un moment d’histoire américaine et une scène culte.

Règlement de comptes à Hollywood

Malgré un résultat convenable au box-office, Tombstone n’est pas resté dans les annales du genre. Cela aurait pu être pire. Imaginé à l’origine par Kevin Jarre et Kevin Costner qui voulaient faire un film sur la vie de Wyatt Earp, le projet a connu de sacrées rebondissements avant d’arriver en salle fin 1993.

En pré-production, Costner quitte rapidement le navire et utilise son influence à Hollywood pour dissuader les grandes écuries de financer le film. Il préparait en fait un projet similaire, Wyatt Earp, qui fera un bide six mois après la sortie de Tombstone.

Kurt - Wyatt Earp - Russell en mode vengeance
Kurt –Wyatt Earp– Russell en mode vengeance

C’est Kurt Russell, lui aussi au sommet de sa gloire à l’époque, qui portera le film à bout de bras. Scénario trop long, casting revu à plusieurs reprises… À la mort du réalisateur George Costamos en 2005, Kurt Russell avouera à la presse que c’était lui qui donnait toutes les directives de réalisation sur le plateau.

Cette cacophonie généralisée aurait pu en faire un navet. Pourtant les « gueules », les costumes, l’histoire épique, renforcée par la magistrale musique de Bruce Broughton, font le boulot.

Le duel permanent des lieutenants entre Johnny Ringo, sanguinaire sadique, interprété par Michael Biehn, et Doc Holliday fait des étincelles. Mention spéciale à la scène où ils s’affrontent à grands coups de répliques en latin et de tricks au colt.

Confrontation (1)
« Regarde ma douce, c’est Johnny Ringo. On dit que c’est la gâchette la plus meutrière depuis Buffalo Bill »

Lettre au Doc

Haaaaaaaa Val Kilmer, tu nous as habitué aux rôles homo-érotiques entre ton costume étrange de Batman et ton pilote d’avion dans Top Gun. C’est pourtant avec le Doc que tu aurais pu me faire virer ma cuti. Ta répartie, ton aisance à la gâchette et ton teint blafard de tuberculeux, tu domines ton sujet… Et tout ça supposément à moitié mort.

Chopin, un autre grand de ce monde atteint par la tuberculose
Chopin, le musicien est mort de la tuberculose. Un génie lui aussi.

Le rôle de soutien que tu apportes à Earp pendant ta lente décomposition. Tu incarnes la gageure tragique du film. Et on y croit. Tu fais quasiment le long-métrage à toi tout seul. Une performance à mettre aux côtés des Eastwood et autres Burt Lancaster. C’est dit.

L’indice

La semaine prochaine, nous continuerons sur la même thématique, mais à une autre période d’Hollywood. Un autre film a traité magistralement les événements survenus dans la ville de Tombstone en 1881. Des scènes de confrontations historiques, des acteurs rentrés depuis au panthéon du cinéma américain. On en parlera dans notre prochain On ressort les VHS de ta grand-mère.

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