« Aningaaq », le spinoff de Gravity.

Le spinoff "Aningaaq" joue un rôle crucial permettant enfin d'avoir un point de vue terrestre sur le film réalisé par Jonas Cuaron co-scénariste du film et fils d'Alfonso. Découvrez ce contre-champ émouvant à Gravity.

Garantie sans spoil

Gravity, le thriller spatial écrit, réalisé et produit par le mexicain Alfonso Cuarón a marqué cette fin d’année cinématographique. D’abord, par une claque visuelle: des plans bluffants sur la beauté de la Terre vue de l’espace -alors qu’aucune scène n’a été tournée là haut-  mais également par ses nombreux plans séquences, notamment lors de la scène d’ouverture réalisée en performance capture. « La caméra flotte dans le vide absolu avec une telle fluidité que l’on a tendance à oublier que ça fait parfois 10 minutes qu’aucun cut n’a été effectué » . Nous retrouvons ici tout son génie qu’il avait dévoilé en 2006 dans « Les fils de l’homme » avec cette incroyable scène.

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Outre l’aspect visuel, Gravity impose aussi par son scénario. Simple, certes. Au final, ce n’est « qu’un Apollo 13 qui se déroule hors de la navette spatiale ». Mais simple ne veut pas forcément dire inintéressant. Gravity nous fournit un pur trip d’immersion. Il nous entraine dans un monde réel qui nous paraît pourtant si loin. Gravity nous plonge complètement dans le rôle du troisième astronaute, aux côtés de Sandra Bullock et George Clooney . Sandra Bullock qui est d’ailleurs époustouflante, tant par son omniprésence à l’écran que par son jeu d’actrice. 1H30 où l’on survit avec elle, où l’on partage ses angoisses, ses ressentiments et cette perte de repères dans l’espace. La bande son contribue largement à cette sensation d’oppression grâce aux dialogues qui sont uniquement entendus à travers les combinaisons des astronautes.

« J’ai été impressionné par la manière dont les scènes en gravité zéro ont été réalisée. Quand les personnages se déplacent dans la station spatiale, c’est exactement comme je l’ai vécu dans la réalité. » Buzz Aldrin à propos du film.

 

Un scénario désormais renforcé

Le spinoff  « Aningaaq » joue un rôle crucial permettant enfin d’avoir un point de vue terrestre sur le film. Réalisé par Jonas Cuaron co-scénariste du film et fils d’Alfonso, le court métrage offre un contre-champ émouvant à Gravity. Mis en ligne gratuitement par la Warner, il a été présenté au festival de Venise cet été.

Alors que Ryan Stone perd espoir dans sa capsule, elle entre en communication avec Aningaaq, un pêcheur inuit. Incapables de se comprendre, les deux communiquent dans un mélange d’appels à l’aide et d’aboiements. La scène étant montrée uniquement du côté de l’astronaute dans le film, le spectateur se demande à qui le docteur Ryan Stone peut bien avoir à faire. D’une durée de 7 minutes, le court-métrage dévoile enfin l’autre face de cette conversation radio. Nous sommes plongés au fin fond du Groenland,  avec une famille de pêcheur. Malgré les problèmes avec l’un de ses chiens et son enfant (que l’on entend dans le film), Aningaaq est d’une humeur tellement rayonnante qu’il aggrave le contraste avec le désespoir de Sandra Bullock.

Cette réalisation a été tellement appréciée par les critiques qu’elle pourrait concourir aux Oscars l’année prochaine, dans la catégorie des courts-métrages. Il aurait coûté 100.000 dollars, soit le prix d’un voyage dans l’immensité glaciale du Groenland.

 

Pour le côté philosophique de l’histoire, nous vous conseillons cet article de Frédéric Neyrat pour Mediapart. Gravity, ou comment revenir sur Terre.

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