A quelle drogue sommes-nous le plus accros ?

La Global Drug Survey est la plus grande enquête internationale sur l’usage des drogues. Dirigée par le Dr Adam Winstock, elle donne la parole à ceux qui connaissent le mieux les drogues : les consommateurs.

La Global Drug Survey (GDS) est la plus grande enquête internationale sur l’usage des drogues. Dirigée par le Dr anglais Adam Winstock, psychiatre addictologue, la GDS 2014 a été conduite en novembre/décembre 2013 sur un échantillon de 80 000 usagers de drogues à travers 18 pays. Le but de ce projet est de « donner la parole à ceux qui connaissent le mieux les drogues : les consommateurs », selon les mots du Dr Winstock. Car selon lui, le moteur principal derrière l’usage de drogues douces ou de drogues dures est avant tout le plaisir, et c’est la raison pour laquelle il est nécessaire de prendre le problème dans le sens inverse en partant « de l’aspect positif de leur pratique », car « la plupart [des consommateurs] ne subissent pas de conséquences graves ». Il estime d’ailleurs que si les messages officiels ne poussaient pas à une abstinence totale, les risques en seraient réduits.

Dr Adam Winstock
Dr Adam Winstock

L’enquête porte sur toutes les addictions: des drogues dures, type cocaïne ou héroïne; illégales, comme le cannabis; aux substances légales à l’image du tabac ou de la caféine. Cette enquête ne délivre pas de résultats représentatifs: l’échantillon questionné ne représente qu’une population jeune, des majeurs aux trentenaires, plutôt éduquée et qui a fréquenté le monde de la nuit ces quatre dernières années. Pour la première fois cette année, la France a pris part à l’étude (2 051 personnes ont répondu aux deux questionnaires).

L’alcool, le tabac et le cannabis sur le podium

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D’après l’étude mondiale (18 pays rappelons-le), l’alcool remporte la médaille d’or. Il est consommé par 90,8% des sondés. Loin derrière à la seconde place, on retrouve la cigarette, consommée par 56,7% du panel. Suit le cannabis et ses dérivés avec 48,2%. Juste derrière ce tiercé de tête, viennent la caféine et les boissons énergisantes (45,9%), la MDMA (23,4%), le tabac à shisha (18,5%) et la coke (16,4%).

Côté français

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Les français suivent la moyenne mondiale. L’alcool, le tabac et le cannabis, dans cet ordre, sont les 3 « drogues » les plus consommées.

Hymne à la défonce

L’alcool, demeure, selon le Dr  Winstock, « le plus gros problème et de loin la plus grosse charge pour les services de santé ». Un risque largement sous-estimé par les consommateurs mondiaux: seulement 38,5% des utilisateurs dépendants ou en devenir en sont conscients selon l’étude. Mais pour certains, l’envie est d’en sortir : 23,9% des sondés aimeraient boire moins, 14% disent avoir besoin d’aide. «Un des moyens les plus efficaces pour réduire la consommation excessive d’alcool consiste simplement à montrer aux personnes combien elles boivent», explique le Doc. Et pour tester sa consommation, il existe une application: Drinksmeter.com, réalisée par Winstock.

L’envie d’arrêter ou de diminuer se ressent également chez les consommateurs de tabac, à l’exception des français. « Tous les substituts nicotiniques peuvent aider à réduire sa consommation, mais les fumeurs français n’ont pas l’air ouverts à cette approche, ce qui est curieux, car elle double les chances d’arrêter ». La cigarette électronique par exemple, est peu utilisée dans l’hexagone (22,8%). Avec elle, 50% n’ont pas changé leur usage du tabac.

Côté cannabis, les attentes des consommateurs apparaissent comme “paradoxaux”. Ils réclament une weed toujours plus pur, et donc plus fort en THC. La skunk, variété la plus violente, est la préférée (57%), devant la beuh dite « normale » (29%) et le shit (9%). Pourtant, les consommateurs en craignent les effets négatifs (troubles de la mémoire, hébétude, etc.). Deux tiers d’entre eux se fournissent auprès d’un dealer, payant de 6 à 12 euros le gramme. 22% font pousser leur herbe. Sur le mode de consommation, 90% la mélangent avec du tabac. Les 10% restants la consomme en utilisant un vaporisateur ou bien en l’ingérant. Là encore, il existe un site pour mesurer sa conso, bientôt disponible à cette adresse.

La cocaïne reste populaire mais, elle est jugée trop chère (en moyenne 100 euros le gramme en Europe, jusqu’à 250 euros en Nouvelle-Zélande) et de mauvaise qualité (une note moyenne de 3,5/10 pour le rapport qualité prix en France). La MDMA quant à elle, dérivée de l’ecstasy, revient en force ces dernières années avec l’utilisation de nouveaux composants alliée à un marketing efficace : sous forme de poudre plutôt que de pills, cette «vieille drogue trouve une nouvelle vie». En poudre, elle est plus facile à doser et à tester avant usage, ce qui est largement recommandé quand on voit le nombre grandissant de connards essayant de refourguer leur merde.

Enfin, les médicaments sur ordonnance (type Valium ou Codéine) sont également concernés par cette étude. Selon le psy, ils se doivent aussi d’être surveillés de près car « pour 20 à 30 % des utilisateurs, il y a des signes similaires à ceux observés chez les consommateurs de drogues ».

En ouverture à cette étude, le Dr Winstock a pris l’initiative de lancer le High Way Code, un « code de bonne conduite » sur Internet, pour donner aux consommateurs des conseils afin de préserver leur capital santé. Loin de sous-estimer les effets néfastes des drogues, il considère que tout consommateur se doit d’en respecter les règles afin d’augmenter les chances que tout se passe bien et de « vivre une expérience agréable ». Il s’agit donc de prôner l’éducation plutôt que la répression et l’interdiction, qui finalement, on le sait tous, ne sert à rien !

L’étude est disponible ici.

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